Histoire de l'église

Histoire locale de la construction de l'église

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La décision de construire une majestueuse église à Thury ne s'est pas prise sans que se manifestent de nombreux et compréhensibles problèmes...

Au-delà de l'estimation du coût, citons le problème de l'absence d'édifice religieux au cours de la construction. L'ancienne église devait en effet être démolie à l'occasion. Il existait bien dans le quartier de la petite Place, une chapelle dédiée à Saint-Martin, mais fortement détériorée lors du fameux sinistre de 1798 ayant détruit la moitié du village. Il n'y était donc pas question d'y célébrer sans risques, des offices dans ses ruines.
Une solution fut trouvée avec la consécration d'un oratoire, ainsi que l'indique un acte officiel : « L'An mille huit cent soixante et un, le premier septembre, je soussigné, curé de Thury, en vertu de la délégation de Monseigneur l'Évêque du diocèse, ai donné une bénédiction spéciale au local disposé dans la cure de Thury pour servir d'oratoire à la paroisse pendant le temps nécessaire à la construction d'une nouvelle église. Tous les paroissiens assemblés pour entendre la messe en ce jour de dimanche ont assisté préalablement à cette bénédiction canonique. En foi de quoi, j'ai rédigé cet acte et l'ai signé avec plusieurs témoins de cette crémone religieuse ». Signé Michelot, curé.
Ce fut donc dans un local de la cure datant de 1741 que furent célébrés les messes, les vêpres, les mariages, les baptêmes, les premières communions et les obsèques entre autres cérémonies du culte, en attendant la bénédiction qui sera effectuée en 1864 par l'évêque, Mgr Rivet.
Un calvaire déplacé
Evoquons à présent un autre problème. Sur le plan publié précédemment (voir notre édition du 14 janvier), on remarque la présence de deux calvaires. Un seul existe encore actuellement. C'est celui que l'ancien curé Cordesse avait fait érigé à l'occasion d'une mission en 1834. A son décès en 1835, à l'Occident, sa dépouille mortelle sera inhumée au pied de ce monument. Elle y est toujours.
L'autre, très ancien et de très belle facture était située à l'emplacement qu'occupe actuellement l'église. Pendant les orages de la Révolution, à l'initiative du curé Battault et de quelques paroissiens, la croix en pierre avait été ensevelie pour échapper à d'éventuels dégâts. C'est sous le passage du vicaire Davelle, curé de Jours- en-Vaux, qui officia de 1801 à 1803 en attendant la nomination d'un autre prêtre, qu'elle sera replacée au lieu qu'elle avait occupé précédemment. En 1833, sur une initiative du curé Cordesse, elle sera de nouveau déplacée pour être installée sur le paquier de Rieure. Les années s'écoulant, ce témoin de la chrétienté tombera en désuétude. Le curé Michelot décidera alors de sa restauration et le 14 novembre 1867, elle sera installée et bénie sur l'emplacement que l'on connaît à présent, c'est-à-dire à l'intersection des chemins d'Arnay -le-Duc et de Vernusse. Pour lui assurer une assise correcte, un second gradin sera construit avec des débris d'une pierre ayant servi de fondement à une des colonnes de la vieille église. Inscrite sur l'inventaire des monuments historiques, elle reçut quelques soins au cours des premières années de 1980 de la part d'une équipe de fouilleurs conduite par M. Guillaumet, conservateur au musée d'Autun qui effectuait des fouilles dans les tumulus de la Prée. Passants, arrêtez -vous quelques instants d'admiration, elle en vaut la peine.
Henri CALLLABRE